Cuisson Des Seiches
La seiche et le calmar se cuisent de deux façons opposées, très vite ou très longtemps, et la chair durcit entre les deux. Tout commence pourtant bien avant le feu, au-dessus de l'évier, avec une poche d'encre qu'il faut sortir intacte si vous voulez vous en servir.

Vider La Seiche Et Garder L’Encre
Une seiche se vide au-dessus de l’évier, jamais sur une planche en bois, parce que l’encre marque tout ce qu’elle touche. Gardez un bol à portée de main pour la poche, et une paire de gants si vous tenez à vos ongles.
Au printemps, les seiches que l’on approche depuis l’estran sont souvent des adultes épuisés par la ponte. Ne gardez qu’un animal à l’œil brillant et à la chair ferme, qui sent la mer franchement, et cuisinez-le le jour même. Les grappes d’œufs restent en place, toujours. Les règles propres à votre département se vérifient sur le tableau par département.
Posez la seiche sur le ventre. Sur le dos, sous la peau, vous sentez l’os, la plaque blanche et légère que l’on trouve échouée sur les plages. Incisez la peau sur toute sa longueur, du bout du couteau et sans enfoncer la lame, puis faites glisser l’os hors du manteau avec les doigts, en le poussant par une extrémité. Il sort sans résistance.
Tenez ensuite le manteau d’une main et la tête de l’autre, puis tirez doucement. La tête vient avec les bras et la plus grande partie des viscères. Ne tirez pas d’un coup. C’est là que se trouve la poche d’encre.
Coupez les bras juste sous les yeux, pour qu’ils restent attachés entre eux en couronne. Au centre de cette couronne se cache le bec, une petite pièce cornée qui sort quand vous pressez tout autour avec les pouces. Yeux, viscères et bec partent à la poubelle.
Peler Et Tailler La Chair
La peau du manteau, fine et colorée, se retire à la main. Pincez-la à partir d’un bord, tirez, et elle vient en larges morceaux. Faites de même sur la face interne, où une membrane plus fine recouvre le blanc. Rincez à l’eau froide et séchez soigneusement sur un linge.
Le calmar se croise rarement à marée basse. Celui qui arrive en cuisine vient le plus souvent d’une ligne ou d’une épuisette tendue depuis une digue. Tenez-le tête en bas à la sortie de l’eau, loin de vos vêtements, parce qu’il projette encore son encre, et gardez-le au frais jusqu’au retour.
Il n’a pas d’os mais une plume, une lame transparente et souple comme du plastique, logée dans le tube, qui sort d’un geste une fois la tête retirée. Sa peau violacée, tachetée de pourpre, glisse facilement sous les doigts, et ses deux nageoires se détachent puis se pèlent de la même façon.
Le calmar se garde plutôt entier. Tranché en anneaux, il part à la friture. Laissé en tube, il se farcit. Dans les deux cas, gardez les bras, qui se cuisent avec le reste ou finissent hachés dans la farce.
Beaucoup de cuisiniers font passer une grosse seiche un jour ou deux au congélateur avant de la cuisiner. Comme pour le poulpe, le froid assouplit la chair, et la différence se sent surtout sur les individus les plus épais.
Le Temps De Cuisson Exact
Saisie éclair ou long mijoté, le tableau sépare les deux régimes, et c’est dans l’entre-deux que la chair durcit.
| Mode | Cuisson | Remarque |
|---|---|---|
| Lanières de seiche, à la plancha | 1 à 2 min | Blanc quadrillé, feu maximal |
| Calmars sautés, à la poêle | 1 à 2 min | En une seule couche |
| Anneaux de calmar, en friture | 1 à 2 min | Huile à 180 °C, anneaux farinés |
| Seiche mijotée à l’encre | 45 min à 1 h 30 | À couvert, à petit frémissement |
| Calmars farcis, en sauce | 40 à 50 min | Tubes remplis aux deux tiers |
À feu vif, tout se joue sur la chaleur de la poêle. Faites-la fumer avec un filet d’huile, jetez les lanières en une seule couche et ne les remuez qu’au bout de trente secondes. Elles blanchissent, s’enroulent et prennent quelques taches dorées. Sortez-les aussitôt.
Le mijoté à l’encre commence par un oignon et une gousse d’ail fondus à l’huile d’olive. La seiche en morceaux les rejoint, colore quelques minutes, puis reçoit un verre de vin blanc et, si vous le souhaitez, une cuillerée de concentré de tomate. Couvrez et laissez frémir à peine pendant une heure environ, en ajoutant l’encre délayée dans le dernier quart d’heure, et goûtez la sauce avant de la saler, parce que la seiche et son encre lui donnent déjà un goût de mer prononcé.
Les calmars farcis suivent la même logique de cuisson douce. Une fois fermés d’un cure-dent, les tubes dorent rapidement, puis cuisent à couvert dans une sauce tomate jusqu’à ce que le couteau les traverse sans effort.
Les Servir
De la plus rapide à la plus longue, chacune de ces préparations convient mieux à l’une des deux espèces.
En Persillade
Le blanc quadrillé et taillé en lanières, saisi à la plancha ou à la poêle, puis roulé dans l'ail haché, le persil et un filet d'huile d'olive hors du feu. Un quartier de citron à côté.
À L'encre, Avec Du Riz
La seiche mijotée à l'oignon, à l'ail et au vin blanc, noircie par son encre en fin de cuisson. Servie sur un riz blanc ou des pâtes, qui prennent la couleur et le goût de la sauce.
Calmars Frits
Les tubes coupés en anneaux, séchés, passés dans la farine ou une pâte légère, puis plongés une à deux minutes dans une huile bien chaude. Salés à la sortie, servis avec du citron.
Calmars Farcis
Les tubes garnis d'une farce de bras hachés, de mie de pain, d'ail et de persil, puis mijotés en sauce tomate.
Conserver Seiches Et Calmars
Vidés, pelés et couverts, seiches et calmars tiennent deux jours au réfrigérateur. Entiers, ils se dégradent plus vite, parce que les viscères s’abîment les premiers et gagnent la chair. Nettoyez-les dès le retour.
Crus et nettoyés, ils se congèlent très bien pendant trois mois, bien à plat dans un sac sans air. La poche d’encre se congèle aussi, dans un petit pot, ce qui permet de préparer le mijoté plus tard.
Le mijoté à l’encre et les calmars farcis se gardent deux à trois jours au réfrigérateur dans leur sauce, et se réchauffent à feu doux sans rien perdre, alors que les lanières saisies et les anneaux frits se mangent dès la sortie du feu.
Les Erreurs Fréquentes
La poche d'encre crevée au vidage
L'encre noircit la chair, la planche et vos mains en une seconde. Détachez la poche avant de tirer sur les viscères.
La cuisson moyenne
Au-delà de deux ou trois minutes, la chair se contracte et durcit, et il lui faut ensuite longtemps pour se détendre. Saisissez très vite ou mijotez longtemps.
La poêle tiède
La seiche y rend son eau et bout au lieu de saisir. Elle sort grise et ferme, sans aucune coloration.
La plume oubliée dans le calmar
Cette lame transparente, dure comme du plastique, se retrouve sous la dent. Vérifiez l'intérieur du tube avant de le couper.
Le calmar farci à ras bord
Le tube rétrécit en cuisant et chasse la farce, ou se fend. Remplissez-le aux deux tiers.